Un guide des allégations environnementales

Du jambon 100% naturel, un désherbant durable ou un autre inspiré par la nature et amélioré par la science, un shampoing à énergie verte, une lessive éco-efficacité, ou bien encore des biscuits qui préservent la planète… les concepteurs-rédacteurs semblent pris dans un engrenage infernal de vert’ittude. Que ce soit une mode ou pas, le tourbillon des allégations vertes est bel et bien là et les consommateurs comme les communicants semblent perdus.
Pour aider les marques à construire des discours sincères, le Conseil National de la Consommation a édité fin 2010 un guide des allégations environnementales.

Il clarifie les 7 allégations environnementales les plus couramment utilisées, grâce à des définitions et des exemples : durable; responsable; bio; naturel; biodégradable; sans « substance x »; conforme à la réglementation.
8 allégations supplémentaires seront clarifiées dans un 2ème tome, à paraître en 2011.
Télécharger le guide

Ce guide a double vocation. D’abord donner au consommateur des repères pour comprendre ces termes et choisir en toute connaissance de cause les produits les plus respectueux de l’environnement. Mais aussi et surtout sensibiliser les professionnels aux principes d’une communication environnementale sincère et précise.

Cependant ce guide ne reste qu’un… guide et non une bible ou même un texte de loi à respecter. Qui l’utilisera? Quel poids a-t-il face aux discours abusifs?
Rappelons que la publicité mensongère est réprimée par les articles L 121-1 et suivants du code de la consommation:
« Est interdite toute publicité comportant, sous quelque forme que ce soit, des
allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur,
lorsque celles-ci portent sur un ou plusieurs éléments ci-après ; existence, nature,
composition, qualités substantielles, teneur en principes utiles, espèces, origine,
quantité, mode et date de fabrication, propriétés, prix et conditions de vente de biens ou
services qui font l‘objet de la publicité, conditions de leur utilisation, résultats qui peuvent
être attendus de leur utilisation, motifs ou procédés de la vente ou de la prestation de
services, portée des engagements pris par l‘annonceur, identité, qualités ou aptitudes
du fabricant, des revendeurs, des promoteurs ou des prestataires ».
Anne Carine Jacoby, avocate spécialisée en droit de la propriété intellectuelle et droit de la publicité,  rappelait lors de la  conférence-débat sur l’éco-blanchiment au salon Marjolaine que la publicité mensongère contient une information fausse/erronée alors que la publicité trompeuse est plus subtile car basée sur une donnée subjective. Dans ce cas, la publicité n’est pas forcement fausse au sens littéral du terme mais peut demeurer suffisamment suggestive pour tromper le public.

C’est pourquoi il est si difficile de définir où le greenwashing commence et où il s’arrête: chacun reçoit l’information différemment selon ses opinions et croyances… mais aussi ses connaissances. Ce guide est donc un outil parmi d’autres pour ne pas tomber dans le greenwashing.

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