Fin de l’épopée de l’énergie à Fukushima

Le JDP (Jury de Déontologie Publicitaire) a validé le 8 mars dernier la publicité Areva conçue par Euro RSCG, baptisée « L’épopée de l’énergie ». L’association Sortir du nucléaire avait déposé une plainte, à laquelle le JDP a décidé ne ne pas donner suite (voir la décision publiée). Quatre jours après, le séisme puis le tsunami déclenchaient une explosion dans la centrale nucléaire de Fukushima. Ironie de cette catastrophe, que dis-je, tragédie nucléaire, la publicité d’Areva mettait en scène une centrale nucléaire plantée au bord de la mer, à côté de laquelle d’insouciants humains festoyaient au rythme de la musique.

L’ARPP préconise aux publicitaires « d’indiquer clairement et lisiblement les dangers pouvant résulter le l’utilisation, même normale, des produits et de ne pas donner ou paraître donner une garantie complète de sécurité dans les messages publicitaires. »

Ni l’ARPP ni le JDP n’ont pu arrêter la diffusion des la publicité des 10 ans d’Areva. «Les messages publicitaires en cause ne méconnaissent pas les dispositions de la recommandation développement durable», estime le JDP, qui ajoute: «La présentation sur le même plan du solaire, éolien et nucléaire ne fait que refléter l’offre de produits d’Areva.»

Le storytelling a donc vaincu! Ce film en 3D avait pour objectif d’associer une image positive au nucléaire. Mais depuis la catastrophe au Japon, la campagne publicitaire a disparu des écrans télévisés. L’épopée de l’énergie se terminera à Fukushima.
Cette histoire me laisse un goût amer, un sentiment de mal-être que d’appartenir à cette caste de publicitaires. Areva va devoir sacrément travailler sur son problème d’image, mais c’est son métier même qui entache cette image, la tâche est donc naturellement nucléairement fastidieuse. Les publicitaires et communicants, eux, ont aussi un problème d’image. Les français n’ont pas confiance et rejettent  le discours publicitaire. Mais c’est pourtant notre métier que de contrôler l’image que l’on veut qui soit perçue. Ne dit-on pas que les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés?
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