Du greenwashing pour une fausse Greenbanking

Je suis perplexe. Encore un… encore un qui a osé… Mais là ils ont fait fort, vraiment!
Aujourd’hui c’est le Crédit Agricole. Leur dernière campagne fait débat, et il y a de quoi. J’ai vraiment du mal à comprendre comment on peut en arriver à ce genre d’absurdité. Et surtout que les créateurs de cette campagne puissent imaginer un seul instant que le message passera auprès des téléspectateurs. 
       

Attention, préparez-vous c’est du lourd:

L’ancien James Bond devient le porte-parole de la banque avec pour objectif de faire découvrir la banque en Europe, Asie, et au Moyen-Orient. Sean Connery, sur un ton grave, sur fond de film à sensation, dénonce les dérives d’un monde pollué, la consommation standardisée en supermarchés… Le monde est devenu un chaos et le Crédit Agricole est bien sûr la banque qui permet, en un coup de baguette magique, de laisser place à un monde meilleur et responsable: « Back to common sense, it’s time for greenbanking ». Strictement aucun argument sur la prise de responsabilité de la banque, un film en 3D avec des images à sensation leur a paru être quelque chose de plus efficace.

Heureusement que de nouvelles règles sont censées être apppliquées depuis le 1er Octobre 2009, et que l’ARPP veille au grain! Ces règles de bon sens exigent 2 principes très simples :

– ne pas représenter des comportements contraires aux recommandations du développement durable, 

– ne pas induire en erreur sur la portée de la performance de développement durable du produit ou service vanté.
Que fout l’ARPP??!!!

Le Crédit Agricole a également concocté, en plus des 3 spots TV, une page Internet dédiée à la nouvelle greenbanking au cas où on n’aurait pas bien compris! Et puis d’ailleurs je n’avais pas bien compris, car finalement ils en ont des argument. D’abord, le banque nous donne ses actions de greenbanking: un financement de projets responsable, une gestion d’actifs engagée, soutenir les énergie de substitution… Je ne suis pas trop allée fouiller , alors on va accepter ces arguments. Car la suite est quand même très cocasse, je ne voudrais pas vous embêter avec des détails.

Deuxième argument, le Crédit Agricole « est une des premières banques à avoir tiré des leçons de la crise pour se réorganiser, exclusivement au service de ses clients et de l’économie réelle« . La bonne blague, je ne m’étale même pas sur le sujet je vais m’énerver.

 Et le meilleur pour la fin: ayant adopté le vert comme couleur identitaire, la banque est appelée « la banque verte » par les médias: « Pour le Crédit Agricole, le vert n’est pas qu’une couleur ou une tendance, c’est une donnée stratégique et des valeurs« . Toutes les marques qui ont la chance d’avoir un peu de vert dans leur logo vont donc pouvoir se positionner comme étant responsables! Pratique!

Le site Internet de Stratégies a ouvert un débat au sujet de cette campagne (pour l’instant je trouve les participants bien gentillets):

Alors, greenbanking ou greenwashing ? Sur quelle légitimité ou actions responsables notoires s’appuie l’entreprise pour tenir un tel discours ? Etre baptisée « banque verte », en référence à ses origines agricoles, suffit-il ? Doit-on bannir une entreprise qui s’achète une image responsable ou louer la prise de conscience d’une banque qui tire les leçons de la crise en misant sur la croissance verte ? Le débat est ouvert. 

Je ne regardai plus jamais James Bond de la même façon… ou je ne regarderai plus jamais James Bond (tout court).

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