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BlueCub retoqué par le JDP… et alors?

Après Citroën, Renault, Nissan et d’autres constructeurs automobiles, c’est au groupe Bolloré de retirer les mentions « propres » et « écologiques  » de ses publicités pour sa BlueCar, et notamment la BlueCub de Bordeaux. Car le JDP (Jury de Déontologie Publicitaire) a estimé, suite à la plainte de l’Observatoire du nucléaire, que BlueCub ne pouvait qualifier d’écologiques ses voituresfonctionnant à l’électricité d’origine nucléaire.

Le JDP habitué des plaintes pour les publicités sur les voitures électriques

En juin 2013, l’association anti-nucléaire nommée Observatoire du nucléaire saisissait le Jury de déontologie publicitaire concernant les allégations publicitaires des principaux constructeurs de voitures électriques: Renault Citroën, Opel, Nissan et d’autres. Tous présentaient leurs voitures électriques comme des véhicules « propres », « verts » ou encore « écologiques ».
Le groupe Bolloré faisait partie du banc des accusés pour la mention suivante:  » La Blue car électrique : une nouvelle ère automobile – L’avenir de l’automobile. La Blue car représente l’avenir de l’automobile : un véhicule propre, 100 % électrique, sûr et silencieux… »
Selon l’association, une automobile, qu’elle soit électrique ou non, ne peut pas s’autoproclamer «véhicule vert ».
La plainte de l’Observatoire du Nucléaire ayant été considérée comme fondée par le JDP , les constructeurs ainsi que Bolloré se sont engagés à modifier ses publicités et en l’occurrence, à retirer la mention « propre ».

Pourquoi une voiture électrique n’est ni écologique, ni verte, ni propre

Un véhicule motorisé, électrique ou non, ne peut être qualifié de « propre », « vert » ou « écologique » pour de multiples raisons, les principales étant:
– la construction de tout véhicule nécessite des matières premières et de l’énergie dont l’extraction et la production ont inévitablement des impacts sur l’environnement.
– tout véhicule motorisé utilise des pièces et éléments extrêmement polluants, en particulier les pneus et les batteries.
– tout véhicule représente une certaine quantité de déchets lorsqu’il arrive en fin de vie.
– la source d’énergie – électricité ou essence – utilisée pour faire fonctionner un moteur est toujours cause de pollution.

Le groupe Bolloré ne suit pas les recommandations du JDP

Cependant le groupe Bolloré, contrairement à ses acolytes, n’a rien modifié. Le site web du libre-service des Blue-car (les Blue-Cub) à Bordeaux, bon gré mal gré, s’est lui aussi doté d’adjectifs éco-sympathiques :

BlueCub_greenwashing

BueCub_greenwashing2

Pas besoin d’aller chercher bien loin pour taxer cette publicité de greenwashing.

Il a fallu attendre une nouvelle offensive de l’Observatoire du nucléaire, quelques mois après, pour que le groupe enlève la mention « véhicule propre » sur son site web, non sans laisser traîner quelques allégations écologiques qui prêtent à confusion pour le consommateur (mais que le JDP considère conformes… ).

Pour justifier sa décision, le JDP s’est appuyé le point 6/3 de la recommandation « Développement durable » de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité qui indique que « Dans le cas où il serait impossible de justifier des formulations globales (ex : écologique, vert, éthique, responsable, préserver, équitable, durable,…), la publicité doit les relativiser en utilisant des formulations telles que « contribue à » ». Dans le cas de la Bluecub,   « la publicité litigieuse fait état du caractère « écologique » du service promu, sans le moindre élément de relativisation ou de comparaison.  »

Du côté du site web de BlueCub, le directeur de communication du groupe Bolloré a déclaré qu’il allait se confirmer à la décision mais compte bien « remettre le mot qu’il veut » lorsque les BlueCub auront obtenu des certificats d’énergie renouvelable (garantissant une recharge des véhicules par de l’électricité d’origine non nucléaire ou thermique).

Décision du JDP, quelle valeur?

Jury, mais pas juridiction. Prononciation, mais pas sanction. La preuve avec ce joli cas d’école que les décisions prononcées par le JDP ont peu de valeur. 
Cela nous ramène bien sûr au système d’auto-régulation de la publicité. Créé en 2008 à l’initiative de l’ARPP qui nomme le tiers de son Conseil d’Administration et son Président, le Jury de Déontologie Publicitaire a pour rôle de se prononcer sur les réclamations émises à l’encontre de publicités susceptibles de contrevenir aux règles de la profession.
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