L’étiquetage environnemental est en préparation

J’ai assisté cette semaine à une présentation de Greenext, l’occasion pour moi de revenir sur l’étiquetage environnemental qui sera expérimenté, comme le prévoit le Grenelle II, à partir du 1er juillet 2011 sur un millier de produits de grande consommation.
168 entreprises expérimenteront pendant un an l’affichage de l’impact écologique de leurs produits à côté du prix commercial. L’objectif est d’informer le consommateur des conséquences écologiques qu’ont la fabrication et le conditionnement des produits. Mais aussi de responsabiliser les entreprises et les inciter à  faire des efforts pour réduire leur impact écologique. Cette expérimentation se fera sur 1000 produits du secteur alimentaire mais également,équipement, papeterie, habillement, boissons, et cosmétiques.

L’étiquetage environnemental est une mesure phare du Grenelle II. Selon une étude (TNS et Ethicity), «54% des Français se montrent de plus en plus méfiants vis-à-vis des arguments écologiques utilisés dans les publicités» alors que 74% d’entre eux affirment vouloir connaître l’impact environnemental des produits. De plus plusieurs expériences montreraient que 10 à 30% des consommateurs modifient leur décision d’achat dès lors qu’un produit est noté sur son impact environnemental, ce critère figurant aujourd’hui parmi les 3 premiers qui motivent un achat .

Prévu pour le 1er janvier 2011, l’instauration du dispositif a été repoussé pour démarrer finalement le 1er juillet, avec une une phase expérimentale de un an. Cette phase servira notamment à affiner la méthodologie et répondre à plusieurs questions qui se posent encore.
Quel emplacement pour cette étiquette?
Car les producteurs s’inquiètent de la multiplication des mentions sur les emballages. Ils souhaiteraient virtualiser cette donnée en orientant le consommateur vers un site Internet plutôt que de saturer leur packaging déjà bien rempli par les informations sur les contenus alimentaires et nombreux logos et labels. La ministre de l’écologie suggère quant à elle un affichage mixte: données de base sur le produit et renvoi vers un site web. Cependant tout est à envisager: packaging, site web, tickets de caisse mais également flash code pour les smartphones.
Quelles informations?
L’Unité Environnement et Industrie de la Commission européenne estime qu’il faut d’abord développer la convergence carbone, pour ensuite éventuellement compléter avec d’autres critères. En outre, la norme ISO sur laquelle travaillent 45 pays depuis deux ans, n’est elle aussi centrée que sur l’empreinte carbone des produits. Cependant la France souhaite aller au-delà de l’affichage CO2 en instaurant un affichage multicritères: impacts sur l’eau, l’air, la biodiversité ou les ressources naturelles selon la pertinence pour le produit.
 « La seule mesure du CO2 ne suffit pas, elle peut même trahir la réalité, souligne Nathalie Kosciusco-Morizet. Par exemple, une vache élevée dans un hangar produit moins de C02 que si elle est élevée en plein air ; en revanche elle a moins d’impact positif sur la biodiversité et la qualité sanitaire ».  Heureuse de vous l’entendre dire!
Comment collecter les informations?
Enfin, comment collecter les informations et mettre en place cet affichage environnemental? Ce problème semble résolu, puisque l’Ademe et l’Afnor accompagneront les entreprises et les aideront à établir une méthodologie selon leur secteur. De plus une base de données de référence doit être mise à disposition. Des start-ups ont dors et déjà commencé à développer des outils de calcul des impacts environnementaux dont Greenext qui participe déjà, avec certains distributeurs à la mise en place de l’affichage carbone sur l’étiquette de 20 000 produits alimentaires.

Suite à cette expérimentation un rapport d’évaluation qui sera remis au Parlement permettra de décider de généraliser ce type d’affichage ou pas, et comment.

Casino (en collaboration avec Bio Intelligence Service) et Leclerc (avec Greenext) proposent déjà un affichage de l’impact environnemental de quelques uns de leurs produits. Carrefour a quant à lui mis en place un étiquetage « sans OGM ».
Cependant rappelons que l’université de Cergy-Pontoise et Ecoeffont publié en mars dernier une étude qui remettait en cause l’étiquetage environnemental des produits électroménager (mis en vigueur en 1995). La

question posée était la suivante : Peut-on se fier aux promesses vertes présentes sur les produits d’électroménager  et de IT ?
Et le résultat est plutôt négatif : un tiers des appareils électriques domestiques présentés comme  » verts  » ne se distinguent pas par une qualité écologique supérieure. A l’inverse près des deux tiers produits respectueux de l’environnement du point de vue technique ne sont tout simplement pas facilement identifiables en magasin.
L’étude se concentrait notamment sur les lave-linges : sur 4 références présentées comme « verte », trois ont des émissions de CO2 lors de l’utilisation supérieures à la moyenne. Tandis que cinq produits (sur 44 au total)  ne développent aucun argument écologique, et ce malgré de très bonnes performances.
Autre constat, les gains d’économies, argument de vente fort des constructeurs, sont très variables. Ainsi certains aspirateurs vendus plus de 200€ n’offrent pas d’économies significatives car le coût d’usage annuel reste peu élevé (environ10€).

Cette étude se basait sur un relevé effectué en décembre 2010 de l’ensemble des références de six catégories de produits dans une grande enseigne de la distribution. Il prend en compte  la communication visible en magasin (étiquetage réglementaire, écolabels et auto déclarations) ainsi que les consommations en électricité et, le cas échéant, en eau et en consommables.

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