Le Nobel de l’environnement, le prix Goldman

Coline Serreau a fait le tour du monde pour nous faire découvrir des initiatives locales en matière d’environnement (voir Solutions locales pour un désordre global). Savez-vous qu’il existe une sorte de prix Nobel pour ces initiatives?
Lundi dernier à San Fransisco, le prix Goldman pour l’environnement a été décerné à 6 personnes. Ce prestigieux prix distingue chaque année six militants écologistes engagés auprès des communautés locales à travers le monde.
Le Prix Goldman pour l’environnement a été créé en 1989 par Richard N. Goldman et  sa femme, leaders communautaires et philanthropes. Depuis sa création,  le Prix a été remis à 139  lauréats provenant de 75 pays. Les lauréats sont sélectionnés par un jury international d’après des nominations confidentielles soumises à un réseau mondial d’organisations et de personnes intéressées par l’environnement.

Les travaux des lauréats du Prix Goldman se concentrent souvent sur la protection d’écosystèmes et d’espèces menacés, la lutte contre des projets de développement destructifs, la promotion de l’autosuffisance, l’influence sur les réglementations ayant trait à l’environnement et des actions visant à la justice écologique. Ce sont souvent des hommes et des femmes vivant dans des villages isolés ou des grandes villes qui choisissent de préserver l’environnement au péril de leur propre vie.
A quoi sert ce prix?
D’abord, l’obtention du prix est un véritable tremplin pour les récipiendaires: un grand nombre de lauréats se sont vus décernés des postes à responsabilité dans leur pays, jusqu’à être nommés ministre de l’environnement. La gagnante du Prix 1991 pour l’Afrique, Mme Wangari Maathai, a ensuite gagné le Prix Nobel de la paix 2004. C’est donc une reconnaissance internationale qui renforce leur crédibilité.
Ensuite ce prix apporte à leur combat une visibilité mondiale.
Enfin et surtout,  chaque participant reçoit une récompense de 150.000 dollars à investir dans leurs projets.
Présentation des gagnants 2010:
– Thuli Brilliance Makama, originaire du Swaziland, seule avocate environnementale d’intérêt public de ce pays d’Afrique australe. Son mérite ? Avoir gagné un procès permettant aux ONG d’être représentées dans les décisions prises dans le pays en matière de protection et conservation de la nature.
Tuy Sereivathana, originaire du Cambodge. Baptisé « Elephant Man » par le San Francisco Chronicle, il œuvre à instaurer des relations plus harmonieuses entre les éléphants et les fermiers locaux qui n’hésitent pas à abattre les pachydermes qui piétinent leurs terres…
Małgorzata Górska, originaire de Pologne. Cette environnementaliste s’est battue contre un projet d’autoroute controversé qui aurait défiguré la vallée de Rospuda, site naturel protégé.
Humberto Ríos Labrada, originaire de Cuba. Ce chercheur, spécialiste en biodiversité, est devenu le chantre de l’agriculture durable. Sa mission ? Convaincre les fermiers cubains de renoncer aux pesticides et autres engrais chimiques.
Lynn Henning, originaire des États-Unis. La bête noire de cette fermière originaire du Michigan ? Les CAFOs (concentrated Animal Feeding Operations), installations d’élevage intensif, mauvaises pour la planète et pour les animaux.
Randall Arauz, originaire du Costa Rica, ce biologiste, fondateur d’une association pour la protection des tortues de mer, a mené une campagne visant à interdire la pêche aux requins (prisés pour leurs ailerons) dans son pays, combat qui a attiré l’attention de la communauté internationale.
Sequovia nous informe qu’un film documentaire « Gold Men, Résistants pour la Terre » a été réalisé autour de ces hommes et ses femmes qui se battent pour l’environnement. Le film permet d’entrer dans le quotidien de cinq Gold men en approchant d’un peu plus près les réalités auxquelles ils sont confrontés jour après jour.
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