L’ARPP remise en question

À l’occasion de sa réunion du 22 avril 2010, le Conseil d’Administration de l’ARPP a nommé M. Stéphane Martin Directeur Délégué du SNPTV  (Syndicat National de la Publicité Télévisée) depuis 11ans, au poste de Directeur Général.
L’ARPP, l’Autorité de la Régulation professionnelle de la Publicité et anciennement BVP (changement en juin 2008, suite au Grenelle Environnement), vous connaissez certainement, par contre le Syndicat National de la Publicité Télévisée vous est peut-être moins familier. Il s’agit d’un syndicat professionnel patronal qui regroupe six régies publicitaires TV : grandes chaînes nationales, chaînes numériques et services interactifs.  Pour faire simple, le SNPTV dresse chaque mois un bilan des performances de la publicité TV associées à l’audience du média.
Stéphane Martin, qui travaille également comme administrateur pour l’ARPP depuis 1999, prendra ses nouvelles fonctions d’ici cet été. Succédant à Joseph Besnaïnou, il aura pour mission de développer la régulation professionnelle de la publicité et les services, conseils et avis rendus aux adhérents, notamment vis-à-vis des nouveaux acteurs de la communication digitale.
Ce mouvement est l’occasion de revenir sur le rôle de l’ARPP et surtout sur son utilité.
Rappelons que l’ARPP détermine la déontologie et fixe des règles d’autodiscipline, sa mission est de parvenir « à concilier liberté d’expression publicitaire et respect des consommateurs ».  En 2009 elle a examiné 15 196 projets de publicités tous médias en conseil avant leur finalisation et 20 566 messages télévisés finalisés pour avis définitif. Ces avis, obligatoires mais consultatifs avant toute diffusion de spot TV, sont suivis à plus de 95% ce qui démontre son pouvoir malgré la lourdeur du fonctionnement.
Les infractions relevées par l’ARPP:
Sur un total de 20.566 spots visionnés avant diffusion, l’ARPP a émis 2.407 avis de modificatio dont:
– 666 portaient sur la lisibilité des mentions et renvois, qui ont par exemple valu à CDiscount et Club Med Gym d’être sanctionnés le mois dernier ;
– 465 concernaient les règles applicables au domaine de la santé, principalement pour la lisibilité des messages sanitaires pour la publicité alimentaire ;
– 342 portaient sur l’emploi obligatoire et correct de la langue française ;
-197 étaient liés aux obligations du secteur de la téléphonie ;
– 111 pour publicité mensongère ;
– 80 pour la présence de boissons alcoolisées ;
– 50 pour non-respect des principes de développement durable et de protection de l’environnement.
De façon globale, les agences seraient « sages » et se plieraient de plus en plus volontiers à la règle, sollicitant de façon croissante (+ 59 % en 2009) le conseil de l’Association pour leurs spots Internet. « L’impact de la crise pousse tout le monde à l’autocensure. Les annonceurs sont désormais terrifiés par les réactions des consommateurs en temps réel, par Twitter… Bref, tout le buzz qui existe sur le Web et s’en prend à des campagnes comme celle des 3 Suisses, accusée de sexisme avec son accroche « Mon point G est dans la penderie ». »
Pourtant on accuse l’ARPP d’avoir un  pouvoir relatif. Deux problèmes se posent au rôle de l’ARPP. D’abord  la pression des pouvoirs publics qui voudraiten contrôler plus étroitement – en particulier par la loi -les campagnes liées à la nutrition et au développement durable.
Mais le perturbateur serait surtout  l’internaute et la montée du Web : difficile d’exercer un contrôle avec les possibilités qu’offrent le web, comme le partage en temps réel.
Un exemple, un seul, pour montrer en quoi le Web peut être un obstacle au rôle de ce dispositif:
L’ARPP faisait l’objet du tout premier article de ce blog, avec sa demande de retrait de la campagne de l’association Droit des non-fumeurs: cette interdiction s’est avérée plutôt contre-productive puisque la campagne a largement été reprise par les journalistes dans la presse et les médias, ainsi que par les blogueurs comme moi. La campagne a donc fait un véritable buzz, à moindre coût: plus d’achat d’espace à payer, les autres en parlent pour nous! Joli coups de la part de BDDP&Fils, même si sur le principe et l’efficacité je ne suis pas d’accord (voir la fin de l’article La pub anti-tabac se fait allumer).

Dernière chose, je vous vous invite vivement à comprendre mieux les enjeux de l’auto-régulation publicitaire dans un article du blog professionnel de Yonnel Poivre-Le Lohé dédié à sa grand-mère… et dans lequel il explique à sa chère mamie l’auto-régulation publicitaire. On comprend que finalement tout est fait pour ne plus rien y comprendre!

 

email
Share on Facebook0Tweet about this on Twitter0Share on Google+0Pin on Pinterest0Share on LinkedIn0Share on TumblrBuffer this pagePrint this pageEmail this to someone