Cohérent, le Label Bio Cohérence?

On le répète souvent en ce moment, les consommateurs ont du mal à s’y retrouver parmi tous les logos. Selon un récent sondage, 65% des Français estiment qu’il en existe trop. Comme si ca ne suffisait pas, un nouvel éco-label arrive bientôt, un super label du dur de chez dur…

Ce logo a beau être une sacré initiative plus que fondée (et cohérente!), il y a de quoi être sceptique quant au succès d’un énième logo. Terra Eco pose d’ailleurs le débat: ce nouveau logo ne risque-t-il pas d’aggraver cette confusion?
Résumé du feuilleton, où Brandon et Kevin rentrent en scène:

Le label bio AB, apparu en 1985 et que l’on nommera ici Brandon, était jusqu’ici la référence du bio en France. Puis on a décidé que le label bio européen, Kevin, moins utilisé et surtout moins exigeant que le label français Brandon, serait obligatoire à partir de juillet 2010 pour tous les produits biologiques préemballés originaires des 27 États membres.
Pour l’occasion l’eurofeuille Kevin a subit un coup de lifting pour se faire rajeunir (pas forcément des plus convaincants), et les chirurgiens en ont profité pour imposer à Brandon, qui lui n’avait pas besoin de passer sous le bistouri, de baisser ses exigences. Vous suivez??!
Pour faire plus simple: la réglementation européenne est supranationale, ce qui veut dire qu’elle supplante les règles locales, qui doivent alors se mettre en conformité avec les règles communautaires. L’eurofeuille proposant des critères moins stricts que notre logo AB, ce dernier a dû réduire ses exigences pour ne pas se mettre « hors-la-loi européenne ». En gros Brandon  n’a pas le droit d’être un meilleur coup que Kevin parce que le hammam de Kevin est plus important que celui de Kevin. Brandon a donc du abandonner les restrictions sur les traitements antiparasitaires et remonter le seuil d’OGM tolérés de 0,1 à 0,9%.
Dès le début du projet du nouveau nez de Kevin en 2007, plusieurs professionnels et acteurs du secteur du bio (les éleveurs bio de France, Biobourgogne, Biomonde, Biocoop, la fédération nationale d’agriculture biologique..) se sont inquiétés de la revue à la baisse des exigences du cahier des charges de Brandon AB. Ils se sont donc réunis sous le nom « Alternative bio » pour réfléchir à un nouveau mannequin, leur propre label: Alain.
Mais pourquoi elle nous assomme avec Brandon et Kevin? J’espère ne pas vous avoir perdu à cause d’eux, je voulais juste essayer de faire ressortir le côté « feuilleton qui ne finit jamais » de cette histoire. Et essayer de dramatiser un peu le tout.
Bien sûr, je trouve cette initiative très intéressante. Le nouveau label, qui a été présenté lundi dernier, se nomme « Bio Cohérence ».
La « base de critères » est la même que celle des labels AB et Eurofeuille mais des points importants ont été ajoutés, avec trois niveaux d’engagement:
– le respect du règlement européen (il faut posséder la certification bio européenne)
– le cahier des charges de la marque comprenant une soixantaine de règles, dont le refus catégorique des OGM, l’obligation pour la ferme d’être 100% bio, 100% d’ingrédients bio dans les produits transformés (contre 95% pour les labels bio européen et AB), la limitation des antibiotiques, des antiparasitaires…
– et un engagement dans une démarche de progrès sur la base d’un auto-diagnostic de son exploitation afin de faire le point sur ses pratiques et de les améliorer, qu’il s’agisse du salaire versé à ses employés ou de son impact environnemental.
L’intérêt de ce nouveau label est aussi que les exigences dépassent l’aspect purement technique de la pratique agricole en dictant également des critères sociaux et économiques pour ses membres, comme par exemple l’équité des rémunérations pour tous les acteurs des filières concernées, français ou non.
Les certifications, menées entre autres par Ecocert (mais aussi par Certipaq, Agrocert, Qualité France et SGS) commenceront dans les prochains mois, c’est donc courant 2011 que les produits labellisés « Bio cohérence » devraient débarquer dans les rayons de magasins spécialisés tels que Biocoop et Biomonde d’abord, pour peut-être se généraliser ensuite… car c’est le consommateur qui décidera du crédit apporté à ce logo!
Cette stratégie me semble être la bonne: se faire connaître dans les petits circuits afin que les « leaders du bio » les adoptent, montrant l’exemple et prouvant alors que le logo est légitime dans le secteur. C’est à ce moment qu’il sera temps d’atteindre l’objectif final, devenir une référence sur le secteur du bio.

Un article dans Rue89 va plus loin que Terre Eco en proposant une nouvelle idée: créer un label pour tous les produits non bios. Qu’en pensez-vous?

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