Avec ou sans OGM?

La plupart d’entre vous choisissez votre supermarché en fonction de sa proximité avec votre travail ou de votre appartement ou maison (ou villa ?!). Pour ma part mon critère est tout autre puisque je vais là où il y a de la nouveauté : mise en avant produit, merchandising, animation,… tout ce qui est marketing du point de vente. Cela peut quelque fois compliquer mon shopping alimentaire, mais c’est un peu mon musée à moi le supermarché ! Hier j’ai donc fait un petit détour direction Carrefour. En effet le groupe vient de lancer  un étiquetage « nourri sans OGM » sur plus de 300 références alimentaires de produits d’animaux (comme le porc, le veau, les volailles, œufs ou poissons d’élevage). Pour accompagner la campagne en point de vente, un teasing a été mis en place dans la presse et trois films web ont été conçus (agence K4, structure du groupe Publicis  entièrement dédiée à Carrefour).

 Les français sont très largement opposés aux OGM, à leur présence dans les champs et dans leur assiette, directement ou indirectement. Selon une étude IFOP, 63% des Français arrêteraient de consommer des produits s’ils savaient qu’ils sont issus d’animaux nourris avec des Organismes Génétiquement Modifiés. Pour 96% des répondants, il est nécessaire d’indiquer sur l’emballage la présence ou l’absence d’OGM dans l’alimentation animale. Or Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM pour Greenpeace, rappelle qu’aujourd’hui seuls les produits bio permettent aux consommateurs d’être certains de consommer des produits issus d’animaux nourris sans OGM.
Un décret sur l’étiquetage et la définition de la notion « sans OGM » est en attente depuis le Grenelle de l’environnement et le vote la loi relative aux OGM adoptée en mai 2008. Il n’existe en effet aucune définition au niveau européen et mondial.
La directive européenne de mars 2001 relative à la dissémination volontaire d’organismes génétiquement modifiés impose que les produits contenant 0,9% ou plus d’OGM soient étiquetés  »avec OGM » mais ne dit rien sur les autres produits, laissant le soin au Etat membres de mettre en place leur propre législation. En France, le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) préconise un étiquetage  »sans OGM » pour les produits végétaux et animaux contenant moins de 0,1% d’ADN transgénique.
 Et pourquoi pas 0%? C’est donc du pipeau tout ça finalement ? Pas si évident que ça puisque ce seuil serait en fait le plus bas techniquement réalisable.
Carrefour et certaines marques comme « les poulets de Loué » ou les beurres « Echiré », qui avaient déjà étiqueté leurs produits en les garantissant  »sans OGM », n’ont donc pas attendu qu’on leur impose des règles pour informer le consommateur et valoriser les filières sans OGM.
Cependant quelque chose me turlupine… qui vérifie cette « certification »?!
Rappel : la réglementation européenne sur l’étiquetage ne s’applique pas aux produits animaux ou provenant d’animaux nourris avec des OGM, c’est à dire, la viande, le lait, les œufs, le beurre, la crème… et non plus aux biscuits, plats préparés ou encore aliments pour bébé dans lesquels les produits animaux ou issus d’animaux peuvent être utilisés en tant qu’ingrédients. 80% de la totalité des OGM entrent donc dans la chaîne alimentaire par le biais de l’alimentation animale et les OGM s’introduisent ainsi dans la chaîne alimentaire à l’insu du consommateur.
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